L’histoire de l’église au Bénin

L’histoire de l’église au Bénin

Lumière sur l’église au Bénin : d’hier à aujourd’hui

Les origines de l’église au Bénin sont aussi vieilles que l’arrivée de l’évangile dans ce pays. Bien plus, parler des origines de l’église conduit inévitablement à parler de l’arrivée de l’évangile, car, l’église n’est que le fruit de l’aboutissement de l’évangile dans ce pays. Nous voyageons donc dans cette rubrique aux époques qui ont vu l’évangile atterrir au Bénin afin d’y trouver les racines de l’église. En effet, Dieu a pensé au Bénin comme d’autres pays et y a envoyé la lumière de l’évangile. Cette lumière n’avait pas vu le pays dans un vide spirituel. Les populations y adoraient déjà plusieurs divinités. Le travail des missionnaires d’alors ne fut donc pas de conduire les personnes à l’adoration d’un ‘’Dieu’’. Elles en a adoraient déjà, même si ce n’étaient pas de vrais. Il a fallu donc, pour les missionnaires, procéder à un changement d’orientation de foi.

D’entrée, l’arrivée des missionnaires en vue de l’évangélisation du Bénin fut favorisée grâce à l’ouverture du pays sur l’Océan Atlantique. Ce fut en 1660 que des capucins espagnols et bretons (missionnaires catholiques) ont fait leur entrée dans le pays par Djêkin. Ce fut pendant le règne de Agonglo (1789-1797) que le tout premier culte catholique va être installé à Ouidah. Ce culte sera renforcé par le roi Guézo, fils et successeur du roi Agonglo ayant régné de 1818 à 1858.

La Société Internationale Missionnaire (SIM) précédemment connue sous le nom ‘’Sudan Interior Mission’’ fut précédée au Bénin par la Mission Méthodiste. En 1843, en effet, Thomas Birch Freeman arriva au Bénin, plus précisément à Ouidah et y mena une oeuvre missionnaire dont le fruit est l’expansion de l’église méthodiste au Bénin.

Le progrès de ce fruit, l’église méthodiste, reçut aussi la contribution de Thomas Marshall, fils d’un féticheur après sa conversion au Seigneur Jésus. Mais ce contributeur fut expulsé du pays après avoir été indexé suite à la conversion du premier ministre du roi.  Il va y revenir en 1876, environ neuf ans plus tard. Mais, grâce à Dieu, l’église méthodiste grandit et occupa le Sud et le Centre du pays. De 1889 à 1907, un pasteur français fut responsable de cette mission à Porto-Novo. Après 10ans, sa direction commença à être assurée par les africains eux-mêmes, aidés de Lagos.

Il a été mentionnée ci-haut que la SIM fut précédée  au Bénin par la mission méthodiste. En effet, la SIM a commencé son œuvre missionnaire au Nigéria en  1893. Mais, lors d’une réunion de toutes les missions et confessions qui se tenaient ordinairement à Bouaké en Côte d’Ivoire, les méthodistes proposèrent aux missionnaires de la SIM (travaillant au Nigéria) d’occuper aussi tout le nord du Bénin  qu’ils n’avaient pas pu, jusque-là, gagner pour la cause du Christ. Cette proposition reçut l’approbation commune et Edward Morrow quitta Zinder (Niger) pour explorer le terrain. Malheureusement, ce missionnaire fut dans l’obligation de se retirer pour se rendre au Canada pour des raisons de santé de sa femme.

En 1945, Gus Fredlund vint s’installer à Kandi, ville du Nord du Bénin, et dans la même année, M. Steward McDougall arriva pour travailler à Nikki à l’Est du pays. Il alla chercher du renfort auprès du personnel. C’étaient des frères africains du Nigéria du nom de David Ekundayo, Elisha Olugemi et par la suite David Olusiyi.

En 1947, M.J.B. Williams arriva et s’installa à Parakou, principale ville du nord Bénin. Il ne tarda pas à s’associer aux évangélistes méthodistes africains : M. Mme J. Odjo Boro et Adjoke Augustin. Ces derniers faisaient l’oeuvre missionnaire aux alentours de Parakou, plus précisément dans les villages de Tchaourou et Tchatchou. Le village de Sirarou situé à 30 km de parakou vers le nord fut aussi confié à M. Ogoushina, lui aussi Africain. Jusqu’à nos jours, ces villages ont des églises locales organisées. L’année 1950 fut marquée par la création d’une école biblique en langue nationale dans le but d’assurer la formation de ces églises.

Par ailleurs, depuis 1941, la ville de Djougou dans le Nord-ouest du Bénin connaissait déjà l’évangile par le biais d’un évangéliste méthodiste, M. Salomon Ogouma qui s’y était rendu depuis le centre. Grâce à son oeuvre, l’église s’est étendue aux villages environnants.

En 1949, à cause des difficultés qu’elle éprouvait pour encadrer ses églises, la mission méthodiste va solliciter la SIM pour que celle-ci étende son action jusqu’à Djougou.

En 1950, le premier missionnaire Edward Morrow de Kandi qui avait dû se rendre au Canada pour des raisons de santé de sa femme en revint veuf et fut envoyé toujours à Kandi, cette fois-ci accompagné de Dijon, un jeune célibataire qui ne tardera pas à quitter le champ missionnaire pour aller travailler au Nigéria. Morrow ouvrit une école biblique pour la formation des futurs responsables. Les premiers élèves de cette école furent André Baroté, Baboni Timothée, André Djarra, Matthieu Gnao, Paul Abissa et Benjamin Yabo. Par la suite, le missionnaire Emett assurera la direction de cette école.

En 1970, la SIM a pu commencer un travail au Sud avec l’installation du couple Jean Isch.

Grâce à la puissance de Dieu à l’oeuvre, l’évangile se propagea un peu partout dans le Bénin, avec une floraison d’églises à Cotonou, Porto-Novo, Abomey-Calavi, etc. On y consate l’expansion de courants chrétiens évangéliques et pentecôtistes qui, bien que minoritaires, ont acquis une forte visibilité. Mais à côté de cette floraison et de l’oeuvre encourageante que fait la jeune génération de serviteurs de Dieu au Bénin, il importe de noter qu’un véritable travail reste à penser et exécuter pour le salut des hommes, comme en témoigne la statistique des religions au Bénin.

Islam : 27,7%

Catholique Romain : 25,5%

Protestant Méthodiste : 3,4%

Autres Protestants/chrétiens : 12,9%

Vaudou : 11,6%

Christianisme céleste : 6,7%

Aucune religion : 5,8%

Autres : 6,4%

Sources consultées :

« L’arrivée de l’évangile au Bénin » in Revival mag, Introspection, n°1, septembre 2021

– MAYRARGUE, Cédric, « Les christianismes contemporains au Bénin au défi de la pluralisation, Dynamique d’expansion et porosité religieuse » in Afrique contemporaine, 2014/4 (n°252) pp. 91-108, éd. DE BOECK SUPERIEUR.

– PBA (dir.) J.R. KRABILL, Nos racines racontées, 1996.

– Bénin, Institut National de la Statistique et de l’Analyse Economique (INSAE), Recensement général de la Population et de l’Habitation 2013.

BONOU Cirille